
-Messieurs, je boirais bien une goutte d’eau de vie si quelqu’un de vous , veut aller en chercher une bouteille ; ma foi ! pour vous remercier de votre bon feu, nous en boirons tous. La chose se fait . – La Ville votre directeur m’a écrit que trouverais ici son carrosse, ne l’avez-vous pas vu ? - Non , monsieur ; vous voyez au surplus , que les chevaux , même ferrés à glace, ne pourraient pas marcher. – J’ai peur d’arriver trop tard pour dîner avec lui….. Maintenant, messieurs faites votre devoir, voilà mes poches ; (ma livre de Makoubac y était). –Ah ! monsieur, nous ne fouillons pas les gens de votre espèce.
J’arrive à St - Quentin, très fatigué, et le lendemain je retourne à mon poste. La ville de Guise (je l’ai dit) a une garnison de cavalerie ; voici un trait bien remarquable qui m’arriva peu de jours après mon retour.
Douze cavaliers sortent pour aller chercher de la contrebande, ils tombent dans une embuscade de gardes, sont pris et conduits au poste, où il y eut rébellion et un employé blessé. Le cas était très grave ; ces douze hommes étaient perdus s’ils fussent partis pour la commission.
Je vis les suites de cette affaire, guerre à mort conte la cavalerie et les gardes, non seulement , pour ce régiment , mais pour ses successeurs.
Les employés me rendaient compte , lorsque l’état-major arrive chez moi ; je loue, devant lui, le zèle des employés ; je trouve l’action brillante , je fixe le rendez-vous au lendemain, de très grand matin , pour rédiger le procès – verbal, et je leur ordonne de conduire les prévenus au château .
Le major me dit d’un air ombre , qu’il s’attendait à un autre procédé de ma part, et que le sacrifice de douze hommes , fait avec autant de sang froid ; démentait l’idée qu’il avait de moi. – Eh bien ! monsieur , vous êtes dans l’erreur ; tout ce que je fais est pour les sauver, vous voyez que je les ai