-liseur de Guise. Ces messieurs me disent , que je les avais fait beaucoup rire, et que ma prudence avait été appréciée , comme celle d’Autun , dans une circonstance de la même nature.

L’état-major du régiment se rend à mon invitation avec les 105 louis convenus, et je leur remets le procès - verbal. Maintenant, leur dis-je messieurs , requerrez-en la nullité . J’avais prévenu les juges, tous me surent gré d’avoir sauvé douze hommes, et c’est un des beaux moments de la vie.

Le contrôleur fort aise de bien vivre avec les officiers de la garnison, confirma ce que j’avais écrit , ajouta ses réflexions qui n’étaient pas le développement des miennes. Cet officier de la ferme générale avait une manie bien singulière , celle de jouer le pauvre au sein de l’abondance. La tête de sa femme se dérangea , et elle eut une mort funeste. Lui , sans cesse à la quête des louis, disait qu’il n’avait pas un sol ,et faisait un étalage si piteux de sa situation, que l’on était tenté de lui offrir des secours.

Peu de temps avant a mort , il exigea de mon amitié , que je lui payasse un quartier d’avance , ce que je fis , il meurt ; son frère arrive avec beaucoup d’argent pour payer ses dettes, car il était accablé de lettres où la détresse était peinte avec des couleurs vives , et le ton le plus déchirant.

On ouvre le secrétaire du mort, et l’on trouve cent rouleaux de vingt-cinq louis. Lorsqu’il avait dix-huit francs en argent , il empruntait six francs, pour avoir un louis, quand il lui en manquait dix pour compléter son rouleau, il se disait aux abois. Je trace ce caractère parce que je le crois unique dans son espèce.

J’étais logé à Guise , près du rempart, vis -à –vis d’une pelouse très agréable. Arrivent deux cavaliers qui tirent le sabre ; un troisième se blottit derrière un mur et ne se montre point. Je prends une bouteille de vin, et j’avance quelques pas. – « Mes

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