voilà mes livres, ils viennent d’être épluchés par le contrôleur ; jamais je n’ai reçu une lettre de reproche, ni du receveur-général, ni de la compagnie. – Mon ami, réfléchissez et longtemps ; si vous n’êtes pas volé , cet homme a trouvé un trésor, ou a des ressources que personne ne lui connaît, il est le fils d’un pauvre couvreur. Sa femme, pleine d’orgueil, n’achète que ce qu’il y a de plus beau et paye comptant. Les compliments qu’elle reçoit des Maréchaux- des – logis, sont les prix de la bonne chère qu’elle leur fait faire. Au demeurant, j’ai rempli mon devoir d’ami, c’est à votre prudence à peser ce que je vous ai dit. » Lorsque je fus seul, j’examinai de près mes affaires et trouvai tout en bonne règle. Je dormis point, une idée lumineuse parut. « Cet homme me dis-je , ne solde-t-il pas l’année vieille , avec l’année nouvelle ? Comment vérifier ? J’avais dans mon arrondissement plus de 140 collecteurs. Je fis trois états de paroisses et j’envoyai chez mes collecteurs trois hommes intelligents avec ordre de me rapporter la note exacte des paiements faits à compte de l’impôt, détaillée par numéros, dates et sommes. Huit jours suffirent pour cette importante opération. Muni de ces pièces , je passai deux nuits à comparer les paiements faits sur quittances, avec les paiements enregistrés . Quel est mon étonnement ! je trouve une différence de 18500 francs.

Je gardai le plus profond silence, sans cesser de travailler. Lorsque je touchais aux papiers de mon commis , je faisais des marques avec de la craie pour les remettre absolument comme ils étaient.

Le coquin eut vent du voyage que j‘avais fait , je m’aperçus qu’il attirait chez lui ma vieille servante ; qu’il était plus assidu qu’à l’ordinaire ; qu’il avait l’air inquiet et travaillait beaucoup plus. Un jour, après avoir dîné en ville, je rentre, je m’assieds , par hasard, je vais ouvrir la porte d’un

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