cabinet où l’on mettait les restes de ma table ; j’y trouve mon commis et sa femme. – Que faites-vous là !monsieur , ma femme a désiré voir votre capucin ( tableau ) . – elle l’a vu vingt fois ; pourquoi vous cachez-vous ? – Nous avons cru que vous alliez sortir. – Mauvaise raison ; la curiosité n’est pas un mal. Ils sortent ; j’avais la tête échauffée ; mille idées se présentent ; je m’arrête à une seule , et sans vouloir l’éclaircir, je jette aux commodités tout ce qui pouvait se boire ou se manger. Je sentais parfaitement , que ma mort était un topique sûr, pour ces coquins, et qu’ils me l’auraient imputée ; mon plan fut de me tenir sur mes gardes, et j’ai été parfaitement secondé par la femme du cuisinier qui me servait. Une circonstance , fortifie mon soupçon ; ma vieille servante tombe malade ;les bonnes sœurs de l’hôpital s’en chargent ; sa maladie est mortelle ; avant de mourir , elle me fait appeler ; lorsque je fus la voir , touchant à son dernier moment, elle ne put me dire , qu’avec beaucoup de peine… je suis une grande malheureuse… vous ne me pardonnerez jamais … j’ai …j’ai . . j’ai … . Le hoquet de la mort survint, elle mourut . mais j’ai su que le vin et les liqueurs de mon commis , l’avaient très attendrie, et qu’elle avait parlé d’une fortune qui l’attendait très prochainement.

J’avais l’œil attentif, sans le faire paraître . Un jour je surpris mon commis faisant un rouleau de quittances , au lieu de les mettre dans leur carton ; je n’entrais point ; un quart d’heure après , je lui donnai un commission qui n’exigeait point de réponse ; il sort, je m’enferme, je cherche le rouleau ; je trouve caché au fond d’un tiroir, je le prends et y substitue une liasse semblable. Je veux ramasser quelque chose, le hasard me fait découvrir des crevasses dans le plâtre , remplies de papiers , c’étaient des quittances ; j’examine le mur, j’y vois des trous de souris, bouchés encore avec des quittances.

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