Je m’enferme ,et travaille sans relâche, et je trouve pour près de 18 000 francs de quittances signées de sa main et rendues, par les collecteurs , aux comptes définitifs ; pas une n’est enregistrée sur mon livre de recette ; l’idée me vient de copier ce livre , pour en avoir le double, en cas d’accident. Mon intention étant de passer la nuit, j’envoie deux exprès, l’un à Vervins, l’autre à St- Quentin , prier mes deux plus proches parents, de venir dîner avec moi, pour une affaire de la plus grande importance qui ne peut absolument se différer , les priant de laisser leurs chevaux ou voitures dans les faubourgs . ils arrivent, c’était jour d’audience ; je savais que mon commis ne viendrait que l’après - dîné. Il arrive, je le fais monter un escalier, et il trouve dans la chambre , à côté de la mienne, une table pleine de papiers, et mes deux parents. –« Nous avons un compte à faire ; voilà tous les livres ; et voilà les sommes de tous nos arrêtés , voyez si l’addition est bonne. – Combien vos collecteurs redoivent-ils ? – Voyons environ 24 000 francs. – Oui, selon votre livre de recette , mais voilà pour 18 000 francs de quittances signées de vous , qui ne sont point enregistrées ; où est cet argent ? – Il ne peut – y avoir des erreurs. – J’en conviens ; mais pourquoi ces seules quittances, non enregistrées , étaient- elles dans des crevasses de murs et dans des trous de souris ». Le coquin pleura et demanda sa femme que j’envoyai chercher .L’un et l’autre se jettent aux genoux de mes parents et demandent grâce . J’étais calme parce qu’il était impossible de me rien reprocher. – Quel arrangement proposez-vous ? – Nous rendrons 4 000 francs en quatre paiements , et nous abandonnons notre maison , avec prière de nous en accorder la jouissance . – Je le veux bien . C’était le cas d’envoyer chercher un notaire , mais je fis l’acte qu’ils signèrent, le mari et la femme. Après leur avoir ôté la clef de ma maison je donne ordre à ma servante

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