mon chou ». Je demande maintenant , quel est le plus scélérat du voleur , ou du Bailly du duché de Guise ? Je pris le parti d’aller trouver un monsieur Saulce, homme d’esprit, régisseur des biens du prince de Condé, tantôt homme d’épée, tantôt homme de robe. Un Bailly borné, et qui n’avait pas la confiance des juges, était ce qui lui fallait, parce qu’il menait seul toute le machine, et dirigeait les jugements selon sa volonté, aussi a-t-il fait fortune. Celui-ci, voyant son mannequin compromis , et aimait mieux se brouiller avec moi qu’avec lui, parut prendre de l’humeur. – Vous avez eu tort d’écouter. – Oui, si je m’étais caché ; c’est le Bailly qui a eu tort de prendre un puits, où le son se propage, pour son cabinet. – Qu’alliez-vous faire là ? – Commander mon dîner ; au reste monsieur, je ne suis point sur la sellette ; mais comme vous êtes la cheville ouvrière de la justice , j’exige que vous vous fassiez remettre le livre qui m’a été volé, sinon je porte plainte au criminel ; je jouis d’une bonne réputation , j’ai trois témoins nécessaires , puisque la scène est dans l’intérieur d’une maison. – Le registre sera ici dans une heure, vous pouvez y compter. – J’y compte tellement , que je vais oublier votre promesse ».

Le lendemain , Saulce me prie de passer chez lui à quatre heures, et d’apporter mes papiers ; je m’y rends, et je le trouve seul. « Vous allez , me dit-il voir le Bailly et votre commis. – Pourquoi le Bailly ? – Il est convenable qu’il y soit. Je connais votre vivacité ; de grâce, modérez-vous . – Je vous le promets, s’il est juge ; mais s’il devient conseil, je dirai sans réticence , ce que je sais. – Où est le livre de comparaison ? dit le Bailly.- Vous le savez. – Moi ! – Oui, vous. Il est dans les mains de monsieur , qui l’exhibera si je l’en prie, mais cela est inutile ; en voilà la

Prev RETURN Next