
copie. Au lieu de vérifier les quittances sur le livre, nous vérifierons le livre sur les quittances, et comme il est question de mes affaires, mon écriture a plus de force que celle de mon commis ». On ne s’attendait pas à cela. Saulce voulait bien servir le Bailly, dans la personne de son chou, mais il ne voulait pas se compromettre… - En ce cas, dit-il, voyons si les livres sont d’accord ». on espérait trouver des erreurs, il n’y en avait pas et je tenais ma copie tandis que Saulce parcourait l’original . J’exhibe les quittances soustraites une à une, avec numéros et dates , aucune n’est enregistrée. – Voyons ces quittances , dit Saulce …. Elles ont toutes de vous, et voilà votre propre livre d’enregistrement … Où est l’argent ? – Je l’ai remis à monsieur. – Cela ne se peut pas , tous les comptes arrêtés sont signés de votre main. -Pourquoi ces quittances étaient-elles dans les crevasses et les trous de souris ? Mon commis baissa la tête , mais le Bailly dit : il paraît que ce sont des erreurs. – Je prie monsieur le Bailly, de me dire s’il est juge ou partie ; pourquoi faîtes-vous des observations , quand vous êtes ici pour écouter ? Il me paraît que vous aimez beaucoup les choux. ;; - Des erreurs ! dit rapidement Saulce …. Combien y-en- a-t-il ? En voilà plus de cent , et j’en aperçois cinq ou six à la même date. De deux choses l’une ; si vous n’avez pas les fonds, la coquinerie est claire comme le jour ; si vous les avez, vous êtes un homme inepte ». Après une décision si précise, je me retire ; il était temps ; ma tête bouillonnait , mes nerfs étaient crispés.
Le lendemain , trois avocats de ma connaissance , viennent me proposer de civiliser l’affaire. J’y consens , pour brider ma vivacité et ne pas faire pendre mon commis.
La conférence que j’avais eue avec deux juges et le coupable, n’empêcha point que je fusse