
attaqué. Alors , il y eut injonction, avis ou prières ; tous les gens de robe de ne pas travailler pour moi, me voilà forcé d’être mon procureur et mon avocat. Mon adversaire ( avocat ) vint très poliment me trouver ; « j’ai une mauvaise cause , je le sais ; mais je commence ma carrière , et il ne m’a pas été possible de refuser mon ministère au juge qui m’a choisi. Je vous préviens que personne ne travaillera pour vous , malgré l’estime que vous jouissez. Il faut vivre…. Le Bailly d’un vaste duché est un homme bien redoutable pour les gens de notre état ; au reste, vous serez content de moi ».- Eh bien ! monsieur, je me passerai de tout le monde ; je sais ce que c’est qu’un plaidoyer ; voilà Cochin , je l’ai lu ; il y a une marche connue , je ne m’en écarterai pas. Mes ennemis étaient aux anges du parti que je prenais , parce qu’ils croyaient que je m’emporterai, ou ferai des fautes de formes. Né laborieux, la tête pleine de mon sujet, trois jours et deux nuits suffirent pour griffonner mon brouillon et le mettre au net.
Je fus trouver un avocat de mes amis que j’ai aimé , que j’aime , et que j’aimerai toujours, il me loua du ton calme que j’avais pris, me connaissant véhément. Il ajouta seulement , en marge , deux moyens de droit, fort courts, et me dit : « plaidez avec assurance ; votre triomphe est certain ; vous parlez avec feu, votre cause est personnelle ; l’énergie ne vous manquera pas ». Le jour indiqué arrive , les premiers citoyens viennent me chercher , et je me rends à l’audience entre deux chevaliers de St – Louis ; la salle est pleine.
Mon avocat adverse parle le premier, il s’énonce bien, et avec sagesse , mais ayant dit un mot sur l’acte de violence de mes parents, un brouhaha s’éleva, et fit virer le bord. J’observais les avocats ; tous levaient les épaules , et paraissaient indignés de ce qu’un fait prouvé, était mis en question, par l’iniquité des juges.
Je plaide à mon tour, mon organe s’essouffle