de Madame de Bourdie ( célébrée par Voltaire ) femme infiniment aimable, venait nous faire les plus agréables visites.

J’ai l’honneur de ressembler à Franklin, au point d’avoir été pris pour lui ; ce philosophe avait été l’ami de cette Dame , elle me nomma Franklin, et pendant ma captivité qui fut longue , j’ai porté ce nom.

Madame de Bourdie me pria de faire son mémoire, il n’était pas facile, pace qu’elle était accusée d’avoir chanté dans ses vers , le Roi, la Reine et toute la cour.

Je fis ce mémoire ; Dupont Dutertre, le trouva très bien et me dit : vous ne feriez certainement pas le votre avec cette précision. – Pourquoi ? – C’est que pour moi, on dit toujours plus qu’il ne faut en dire , et puis il me pria de travailler au sien.

Voici les premiers vers que cette Dame bel esprit eut la bonté de m’adresses ;

« Dans ce séjour où règne les regrets.
La gène et la douleur amère
Le ciel me réservait encore quelques bienfaits
Puisqu’en on vous m’offre les traits
D’un tendre ami , qui m’a servi de père,
De cette faveur passagère,
Mon cœur ne peut jouir avec sécurité,
De Franklin vous êtes l’image,
Et de l’angoisse vérité,
Vous savez comme lui , parler le doux langage,
Mais il créa la liberté ,
Et vous êtes dans l’esclavage. »

On vient m’annoncer à cette dame que son mémoire a fait fortune et que l’on s’occupe de sa liberté , voici l’avis qu’elle me donna de cette bonne nouvelle.

Rien n’est mieux fait que le mémoire,
A son auteur , je dois en vérité,
Rien plus que l’on ne pourrait croire,
Ses vers me mènent à le gloire,
Et sa prose à la liberté.

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