
Quelques jours avant de sortir, elle vint faire une visite à notre chambrée avec deux ou trois femmes aimables de sa société ; on fit des frais d’esprit pour les amuser, la conversation tomba sur les tableaux. – « Vous aimez la peinture , messieurs, ne me refusez pas mon portait, ce sera un moment de prison que je conserverai » . On me presse le cerveau, rien ne sort. Je vais dans mon encoignure que j’appelais mon cabinet , et j’y accouche de ce quatrain que la circonstance a fait passer.
Apollon lui donna la palme du génie
Minerve, dans son cœur , a placé les vertus,
Elle naît ennobli les accents de……..
Par les attraits……………Il n’y avait pas un quart d’heure que cette dame nous avait quitté , lorsque je reçus cet acrostiche.
C’est au mérite seul que l’on doit des hommages
Rarement ,( tu le sais ) aux sublimes talents
On accorde ici-bas un légitime encens
Mais , du monde envieux , j’abhorre les usages
En lis dans les ouvrages
Tes neufs Sœurs , je le vois, ne t’ont rien refusé
Instruit dans tous le arts, ton esprit éclairé
N’ignore que le droit qu’il a sur les suffrages .Une dame très aimable dont j’avais fait le chiffre en toute lettre pour sa mère , écrivit sous l’acrostiche les vers suivants.
Ce nom présente le modèle
D’un apôtre du sentiment
L’amour en fut un amant
Si l’amitié ne l’eut gardé pour elle.On va me reprocher ma vanité ….. Eh ! qui n’en a pas ? Au reste, je prouve que le mot prison n’exclut pas toujours les charmes d’une aimable société .