Nous avions un assez grand nombre de camarades, sans énergie, qui pleuraient sans cesse , d’autres se promenaient distraitement les yeux baissés. Hélas , plusieurs avaient raison.

Le cloître était notre promenade quotidienne , les femmes d’un côté, et les hommes de l’autre. Voici un recette que j’écrivis sur les murs dans mes deux promenades.

Régime convenable aux prisonniers.
Deus livres de patience,
Deux livres de tranquillité,
Esprit purifié de prudence,
En suffisante qualité ;
Ajoutez du sel de gaieté,
Et pour délayant l’espérance.

Une escouade de coquins armés amènent une malheureuse religieuse fraîche et très intéressante ; sans en avoir le costume elle était très reconnaissante ; elle pleure avec les marques d’une douleur concentrée ; une dame la prend par la main et la mène au régime. Je me promenais alors. – Cela est fort bon , dit-elle , mais celui qui a écrit cette recette peut changer de linge, si le geôlier ne m’avait pas m’avait pas admis dans la cuisine comme relaveuse.

Je m’approche de cette fille , je cause avec elle , voix douce , bon langage , expression facile, elle me montre ses paniers. – Mon enfant ,lui dis-je , vous êtes en règle , ceux qui vous ont arrêté sont des voleurs, je me trompe fort, ou vous ne coucherez pas ici ; venez avec moi. Je lui dicte une lettre pour le président du comité, et j’y joins copie de ses certificats, ; deux heures après, l’ordre arriva de la mettre en liberté ; elle vient me remercier , avec l’expression d’une sensibilité vive et pure, mais sans la plus légère marque de joie. – Que vais-je devenir ? comment ferai-je 60 lieues à pied ? on m’a tout pris, et je n’ai pas un sol ; comment

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