échapperai-je aux dangers qui se présenteront à chaque pas ? C’était le cas d’une seconde lettre au président, je la lui fis écrire, sans parler de restitution ; la réticence fut saisie, on lui accorda une indemnité.

Alors , je la conduis chez toutes les dames qui s’entendirent pour lui faire un trousseau. Les hommes firent de même pour les frais de sa route , et je terminai cette scène par un mémoire qu’elle présenta aux autorités par lequel elle a obtenu une pension dont elle jouit encore. Comme j’ai dormi cette nuit-là ! j’avais besoin d’un pareil narcotique. Le hasard voulu que je rencontrasse cette religieuse depuis peu ; son cœur m’a reconnu aussitôt que ses yeux, et j’ai joui du plaisir de la voir heureuse ; elle demeure à Maubert-Fontaine , bourg de la Thiérache.

Il y avait quinze jours que j’étais aux Récollerts, lorsque j’entends une voix rauque crier à minuit, Crommelin ! – Me voilà. – Lève-toi,,on vient te chercher. – Faut-il faire mon paquet ? – Non. Alors , m’adressant à la chambrée , je dis : « Messieurs , je vais dans l’antre du lion, recevez mes adieux et mes vœux » .

On me mène à St-Germain, non dans ma chambre , mais à la geôle ; comme mon parti était pris pour tous les cas possibles , les réflexions tristes ne se présentèrent point. La geôlière était malade , je passai la nuit sur une chaise de paille ; Un prisonnier étranger , homme d’éducation et très instruit , qui avait voyagé dans les quatre parties du monde , empêcha l’accès de l’ennui. Il me remit une lettre avec prière de la faire porter à la poste. – Mais , monsieur…..- Je vous entends, elle est ouverte et je suis prudent.

On vient me chercher d’assez bonne heure. En passant près de la poste, je donne la lettre à un gendarme. – Lisez-la. – On n’ouvrira pas celle-ci , me dit-il , puis il la jette dans la boîte.

On me conduit dans ma chambre , où je trouve

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