sans doute , le mien fut choisi ; il est vrai que pour séduire les yeux , j’avais donné plus de fraîcheur à l’habit , et un vague plus agréable au fond. Ce trait me fit honneur parce qu’il réconcilies la famille .

Mon père s’apercevant que j’avais prodigieusement travaillé en Angleterre, m’envoya passer quinze jours à Paris, je vais à la comédie italienne, qui était alors rue Monconseil ; j’étais dans le parterre ; par un hasard malheureux , je marche sur les pieds d’un homme pâle , bilieux , et très gravé de petite vérole. Je lui fais les excuses les plus honnêtes, et suis très étonné de m’entendre appeler butor , balourd , bête à foin. Le coup de piston part ; remets ton pied lui dis-je , tu n’as senti que la pointe du mien , je me servirai du talon ; Réplique dure , menace , insulte ; les sentinelles se mettent en mouvement , et je sors du spectacle , pour ne pas être éconduit .

J’étais dans la rus Saint-Denis , vis à vis la boutique d’un pâtissier, lorsque je me sens donner des coups d’épée sur la tête. Tirer la mienne , fondre , à bras raccourci , sur l’agresseur et le perforer, ne demandèrent pas six secondes . Je vois tomber mon homme chez le pâtissier, et je me sauve ;j’arrive pâle chez ma tante, et je m’y retrouve un vieux militaire à qui je conte mon aventure . Il me fait apercevoir que je tiens encore mon épée nue , et ne peut concevoir comment j’ai pu faire tant de chemin dans Paris, sans être arrêté. Le lendemain, j’entre dans la boutique du pâtissier , et j’y déjeune avec quelques petits pâtés ; l’hôte parlait volontiers ; je lui fais raconter ce qui s’était passé la veille ; il m’apprend que l’homme blessé est un chirurgien connu pour être excessivement colérique, que des témoins déposèrent qu’il avait tiré l’épée contre un quidam , qui passait tranquillement son chemin, et que ce quidam, à son corps défendant , lui avait donné un coup

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