d’épée , au reste , qu’il n’et que blessé, et demeure dans la rue Saint-Martin . Une affaire plus cruelle m’arriva dans ce même voyage, l’Ambassadeur de Venise faisait son entrée à Versailles ; un officier des gardes me laissa entrer dans la salle d’audience pour voir le cérémonial ; j’entendis le discours de l’Ambassadeur, la réponse du roi assis sur son trône , et je vis la retraite de l’Ambassadeur à reculons.

Le soir , assez tard , j’entre dans un carrosse, placé à l’entrée de la grande avenue ; j’y trouve une Anglaise qui pleurait à chaudes larmes , parce qu ‘elle avait laissé à Paris un enfant malade ; parce que n’ayant pas de protecteurs , on l’avait déjà fait descendre quatre fois, et qu’elle craignait de ne pouvoir partir . –Madame, je n’ai pas l’honneur de vous connaître , mais je crois pouvoir vous rassurer, et vous dire que nous partirons ensemble . Dans l’instant paraissent quatre hommes portant la livrée de l’Ambassadeur , habits bleu céleste et galons d’argent . L’un d’eux , du ton le plus impérieux , nous ordonna de descendre . –Avez-vous un ordre ! – Oui. –Voyons-le ; je descend pour le lire à la lumière d’un réverbère ;. –La voiture est à vous , mais , d grâce , laissez cette dame ; c’est une étrangère qui a un enfant malade à paris . Le laquais me frappe , c’est à dire me caresse la joue , en me disant , ne fais donc pas l’enfant. Je décoche un coup de poing sur la mâchoire du laquais assez fort pour lui casser cinq ou six dents ; quatre épées nues fondent sur moi , je me défends ; j’en touche plusieurs , je reçois un coup d ‘épée à l’épaule , un au cou , un autre me perce la lèvre , deux autres me fendent le pouce , et me coupent un doigt. Heureusement pour moi passe un officier de la maison du roi ; je parle , il m’écoute , et me dit : »Je sais que la valetaille d’un ambassadeur est très insolente , mais partez, monsieur , il n’y a pas de raison contre la force … Cochet conduisez monsieur , il vous payera bien .

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