
voilà à Ostende, assez tard pour ne trouver que les débris d’un souper de domestique. Nous allions manger une omelette et nous coucher ensuite , lorsqu’un matelot vient annoncer le commodore Balfour , et deux capitaines de frégate. Balfour paraît, je reconnais mon ancien ami qui avait résidé un an à St - Quentin, pour y apprendre le français , avec le fameux voyage Cook. Ma foi, leur dit Irwin, nous faisons mauvaise chère, comme vous voyez , mais nous arrivons d ‘Angleterre ; vous venez souper avec moi, ma seule crainte est que vous m’attendiez un peu . – Nous n’attendrons point ; dans l’instant arrive les matelots, l’un portait un rost beef énorme sortant de la broche , l’autre une corbeille de biscuit, le troisième avait une charge complète de vins exquis. On soupe sans nappe, sans serviette, on mange sur le pouce ; en causant , on boit en marin , du Madère , du Tinto, du Canaris ; mais par une propriété particulière à l’excellence de ses vins, personne n’a mal à la tête. Après le souper, Irwin me dit à l’oreille : » Nous avons à conférer et à écrire , vous ne pouvez être présent quand même vous seriez Anglais ; vous êtes fatigué ,allez vous coucher, nous nous serrons étroitement , Balfour et moi ; dix god bless you my dear se succèdent , et nous nous séparons contents , l’un et l’autre de l’heureuse rencontre .
Il y avait un ballot de Richard Béhan à Ostende, dont je n’avais pas la facture. Je le fais ouvrir le lendemain , je prends note de son contenu et je pars pour St – Quentin. La première personne que je rencontre est mon fils porté par sa nourrice. Quiconque n’a pas été père , ne peut se faire une idée de mon émotion . J’étais dans ma patrie et je revenais triomphant d’une expédition très difficile , je touchais au moment d’embrasser ma femme , mon père , ma mère , un frère que j’aimais tendrement ; j’oubliais les affaires