
de Fletcher , et de mes parents à Londres, mais il se préparait de coups bien plus foudroyants. Les créanciers de Bréhan se présentent en foule ; contents d’avoir recouvré les trois-quarts de leurs pertes, leur reconnaissance parle ; j’exhibe mon compte de voyage, et m’en tiens au plaisir de les avoir obligés. Pendant mon absence , le nommé Pérurd , faisant la banque à Paris, fait le trait le plus infâme qui ait jamais existé.
Il vint trouver mon père , et lui dit : mon cher parent je viens implorer votre secours ; j’attends de grosses reprises de Leypzig, elles sont retardées et cela me gêne pour le moment ; tirez 12000 francs sur moi, j’accepterai , je payerai, et sans bourse déliée vous me rendrez un service important. Mon père m’a dit avoir montré la plus grande répugnance à faire cette opération, mais bon humain , confiant et naturellement porté à obliger , il se laissa gagner. Le monstre travaillait à son bilan, qui parut à l’échéance des traites, on pouvait le traduire en justice , mais mon père ne voulut point. Voici un trait singulier relatif à cette faillite . Un médecin sans malades , qui n’était pas créancier, se fit nommer , je ne sais par quel moyen , syndic de cette affaire , où il n’était pas question ni de nécrologie, ni de comptes d’apothicaires . Eh bien ! ce médecin était encore mon parent .
Quelques années après , je me rendis chez lui pour savoir s’il ne comptait pas faire bientôt une répartition ….- Une répartition ! je doute que la masse suffise pour payer les frais ; le seul objet sur lequel on puisse espérer sept à huit pour cent , est à Berlin, mais c’est une affaire très contentieuse , il y a des mineurs et un procès. Dans tout état de cause, si vous voulez vous désister , je vous payerai cinq pour cent ; j’y consentis , et il me donna trois billets d e 200 francs chacun , que j’ai remis au maître de l’hôtel de Chartre, meublé ; mais ,