
s’emporta , jusqu’à s’oublier , on le fit taire , on lui arracha même des mains , un couteau dont il voulait faire usage ; et pour l’empêcher d’un prendre un autre , on le contint sans le frapper , en tâchant de lui parler raison. Cet enragé , ayant été consulté le Doyen et un Chanoine, que l’on appelait le Capitaine tue tout, il lui fut conseillé de nous attaquer criminellement, pour avoir attenté à sa vie, cela parut ridicule, mais on trouva des témoins ; d’abord le cuisinier nous accusa d’avoir volé sa montre d’argent ; on lui rit au nez et l’on n’écrivit point cette monstrueuse déposition, il apporta un bonnet de coton tailladé sur sa tête, et il n’avait pas de blessure , pas même une seule contusion. Un témoin déposa que je l’avais jeté sur un four élevé de huit pieds ; que l’officier des gardes du corps , avait tirer son couteau de chasse avec intention de le tuer , que le trésorier de France le tenait, tandis que le brigadier le frappait. Notre juge était le fameux Serpillion, et il n’y avait pas quinze jours que j’avais dessiné le frontispice de son code criminel chez le graveur.
Je fus le trouver , et nous parlâmes amicalement de l’affaire. « Dans le fond de mon âme , me dit-il , je suis convaincu que votre partie adverse est un frénétique , stimulé par de mauvais conseils ; que les témoins sont des coquins payés ; mais comme juge j’écouterai leur témoignages. » Je tirai un mouchoir de batiste de ma poche ; il y avait un gobelet de verre sur la cheminée, je fis une scie de mon couteau en frappant sur la toile fine sans la coupe. – Vous voyez au moins , l’impossibilité de taillader un bonnet sur la tête d’un homme. – Cela est vrai en physique , mais non en justice criminel , me dit-il, et je vous conseille, en ami , d’arranger cette affaire.3 Elle s’arrangea , mais une comtesse ayant jeté les yeux sur ma place pour un homme d’affaire, écrivit contre moi à la compagnie. L’indignation fut telle que la municipalité