
le bailliage , la chancellerie, la noblesse, les avocats, les notables, me donnèrent des certificats où mes mœurs , ma conduite , la considération dont je jouissais , étaient tracées de la manière la plus fameuse. Je regrette de ne pas avoir conservé la copie de ce témoignage d’une ville entière. Madame la comtesse fut bafouée , par sa société ; persillée par la compagnie ; et je l’ai suppliée de dire à un homme d’affaire que je désirais le voir , pour lui communiquer des choses frappantes , elle m’entendit très bien.
Après cette catastrophe ,notre société dînante se divisa et chacun vécut à son particulier. La vie que j’ai menée à Autun , pendant 18 ans développa tous mes goûts, et les circonstances particulières en firent naître de nouveaux , tel que la mécanique. Voici ce qui me donna la première idée de cette science.
Madame la marquise de Ménessaire avait un petit tableau mouvant , que son fils, chambelan du roi Stanislas , lui avait envoyé de Lunéville ; c’était un des premiers à sable pour moteur. Je la priai de m’en laisser voir l’intérieur. – Non.. Vous faîtes ce que vous voulez , et je veux jouir seule de mes ouvriers . Ce refus stimula mon amour propre. – Eh bien ! madame, d’ici à quinze jours vous en verrez un de ma façon ; je tins parole. J’avais observé une trémie , l’idée d’une roue de carton, se présentait naturellement ; des élévations rondes ou algues sur l’axe , devaient faire aller des leviers , et ces leviers des bras , des jambes, des têtes. Né adroit, mon coup d’essai fut très agréable , deux scieurs de long , une forge de maréchal, un cheval dans le travail, qui ne voulait point se laisser ferrer , formèrent le plan que j’exécutai. Je le portai à madame la marquise , et, malgré l’esprit de propriété , elle donna la préférence au mien , parce qu’il y avait une perspective dans les figures , et les bâtiments, que le sien n’avait pas . J’étais à Lunéville , peu après la mort malheureuse