
du roi Stanislas, ce prince aimait beaucoup les tableaux mouvants, et il y en avait dans ses jardins à figures grandes comme nature. J’étais seul, un mouvement de curiosité me fait franchir une barrière. Le roi n’était plus, tout paraissait abandonné . Je cherche le moteur , et je découvre un moulin à eau, j’examine les leviers , leurs correspondances , et j’en dessine, au crayon ,quelques - uns , content de mes observations, je veux me retirer par une espèce de brèche. Quelle est ma surprise ! Deux grenadiers en fraction, me font trembler ; je me baisse , me blottis , je marche sans faire de bruit et gagne la barrière, par – dessus laquelle je m’élance .
A cent pas de là , je rencontre un homme qui se promenait un livre à la main . – Monsieur ! dîtes-moi, je vous prie pourquoi il y des sentinelles pour garder une machine abandonnée, tandis qu’il n’y a pas un seul militaire dans le palais . – Ces sentinelles monsieur , sont des automates ,qui marchent , se croisent et se retournent quand la machine va ; tous les étrangers y sont trompés comme vous . C’est à Lunéville que j’ai pris l’idée de faire des tableaux mouvants avec des poids, et je crois avoir assez passablement imité celui des jardins de Lunéville, dans une pièce de mécanique que j’ai offerte à madame Thélusson. J’en ai fait une seconde , un peu plus compliqué , qui a été vu à Guise, à St – Quentin, et à St-Germain.. Ce n’était pas une légère difficulté , pour un apprenti mécanicien , de placer sur un perron , tracé en bas relief , un pauvre tirant une sonnette ; d’ouvrir une porte , d’amener une vieille femme faisant signe de la main qu’elle n’a rien ; d’ouvrir un fenêtre et de montrer un ivrogne buvant à même le broc ; eh bien ! j’ai fait cela , avec une roue échancrée. J’ai toujours cru qu’avec de la patience , de la tenacité dans les idées, qui se perfectionnent , du goût et de l’imagination, on fait ce qu’on veut. Mille gens nés avec