du génie, n’ont rien produit, parce qu’ils n’étaient pas entreprenants . Entreprenez , dis-je aux jeunes gens , ayez une volonté ferme, l’expérience vous donnera des moyens dont vous ne vous doutez pas.

J’avais pour intime un ami , à Autun , un vieux peintre , qui avait été élève d’Oudry.. J’aimais beaucoup la peinture ; j’avais même fait quelques essais avec succès ; mais mon ami Charles a déterminé mon goût pour cet art.

J’ai copié , sous ses yeux , quatre de ses meilleurs tableaux, deux n’ont pas été trouvés indignes d’être placés dans la salle à manger de monsieur Necker, étant ministre. Les deux autres ont valu à mon frère ses livres de rente dont il a joui 5 ans. Voici les circonstances de ce fait singulier.

Un de mes amis avait plusieurs caisses remplies pour former un cabinet d’histoire naturelle. Donnez-moi , me dit-il , vos deux tableaux , et je vous donne toute ma collection ; vous avez du temps pour l’arranger , moi je n’en ai point. Je le prends au mot, et l’échange se fait sur le champ.

Je connaissais beaucoup le prieur des Chartreux de Beaune , qui avait un magnifique cabinet , et qui par mon état, avait des relations avec tous les chartreux , lui ayant fait part de ma bonne fortune, il me dit ; Je vous donnerai beaucoup de choses , et même de belles , mais il afut que vous me fassiez un tableau mouvant ,je suis souvent seul , au moins j’aurai une compagnie permise . – L’idée me vint de faire votre église , vous commanderez l’exercice des vêpres avec la main. J’imiterai les génuflexions ; un chartreux sonnera les cloches . – Oh non ! – Puis-je placer des femmes ? – Oui, des paysannes. – Eh bien ! je vous promets un moulin à eau, une maison de meunier, des lavandières , une vache que l’on traira, et une petite batteuse de beurre à la porte du meunier. – Excellentissime. Peu après , je lui portai la petite mécanique .-A mon tour, dit-il ; avez-vous la note de vos richesses ? – Oui

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