
la voilà. – Tant mieux ! vous n’auriez rien d’inutile. Alors , l’inventaire à la main, il remplit un tonneau (avec soin , papier et précautions) de madrépores , de stalactites , de fongites , de coraux , de coquilles , de métaux , d’animaux de tous éléments, de plantes exotiques, etc. – vous pouvez maintenant vous vantez d’avoir une charmante collections. J’ai fait présent à mon frère de ce cabinet, et il l’a vendu à une abbaye de Prémontrés moyennant 400 livres de rente qui lui ont été régulièrement payées, jusqu’à la réduction au tiers, par le gouvernement.
Je voyais tous les jours mon ami Charton, et nous avions fini par vivre ensemble, si la mort ne l’avait pas enlevé.
Voici un trait de bêtise, unique dans son espèce , qui se passa chez lui, et dont j’ai été le témoin. Un paysan du Morvand , vint lui commander un tableau de saint , pour sa paroisse . – Le voulez-vous en pied ou à moitié ? – Quelle en est la différence ? – En pied , il vous coûtera le double ; à moitié , la tête sera beaucoup plus grosse ;. – En ce cas , Monsieur , peignez –le à moitié. Il entendait par moitié , demi-épaisseur de couleurs. Le paysan revient au temps fixé , voit le tableau , en paraît content , et dit : - Quand sera-t-il fini ? il n’a point de pieds ; je vous prie de lui en faire . – Il l’est mon ami, vous pouvez l’emporter . – Comment fini, il n’a point de pieds ; je vous prie de lui en faire ; - Cela est impossible, la figure n’est qu’à moitié , comme vous l’avez demandée . – Monsieur, Saint-Nicolas avait des pieds , il ne tient qu’à vous de lui en faire. Alors , je renversai une table , et je me mis derrière ; - Mon ami, j’ai des pieds, ils sont cachés par cette table, eh bien ! ceux de Saint-Nicolas le sont par un mur.
Monsieur ayez la bonté de lui faire des pieds , je vois bien qu’il faut quelque chose de plus, je payerai. Charton prit sa palette , fit une niche dans laquelle, il plaça des pantoufles d’évêque. – Voilà des pieds, mon ami .-Ah je le savais bien ? Monsieur,