que la chose dépendit de vous. Le paysan sortit content, et paya généreusement , parce que Saint-Nicolas avait des pieds.

Eh bien ! me dit Charton, que pensez-vous de l’état de peintre ! Cela m’arrive tous les jours, hier une jolie femme voulait que je la peignisse qu’avec du blanc, du couleur de rose et sans ombre…… Vous riez… vous avez raison ; mais puis-je rire quand ma vie tient à satisfaire , l’ignorance ?

Mes succès dans la peinture me donnèrent une certaine réputation. Me trouvant à Dijon, le jour du vendredi Saint, Monsieur Devorges, professeur de l’académie de peinture , m’invita à poser le Christ qui devait servir de modèle, ce modèle était un ancien militaire dont le corps et les membres étaient dans une proportion parfaite . – Le voulez-vous mort ou vivant ? – Mort . Alors je fis poser le corps sur les bras , et je laisser tomber la tête. Ma pause fut trouvée bonne, bien raisonnée , et fut copiée par les élèves.

J’avais apporté une Léda, faite pour M. Maret, secrétaire de l’académie, le professeur Devosges la trouva très bien. Je sais qu’elle existe et j’ose dire qu’elle occupe une place distinguée.

Je copiais les tableaux, avec une précision que les copistes salariés ne peuvent avoir sous peine de mourir de faim. L’à – peu – près , pour moi, n’était qu’une ébauche ; je voulais une similarité qui pût tromper , au moins le plus grand nombre, car le tact du connaisseur est rare. Voici un fait qui prouvera l’exactitude de mes copies.

Un homme, jadis marchand de tableaux, nommé Duplessis, arrive à Autun et se dit peintre, je l’invite à dîner avec mon ami Charton, qui sur sa juctance et sa belle tabatière d’or lui donne un tableau d’église à faire, et s’engagea à l’employer. Il fit une enseigne à bière de la plus pitoyable espèce. La vérité est , que ne sachant ni dessiner ni peindre , il connaissait le coloris plus que la touche des grands maîtres et se trompait peu. Le receveur du parle-

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